Le monde entier parle depuis quelque mois de l’Affaire Weinstein… Une affaire qui a su créer des réactions et a eu le mérite de faire trembler l’académie du cinéma. Outre l’affaire juridique, il y a un aspect qui m’interpelle derrière tout ce cinéma (jeu de mots à double sens +10points) : l’extra professionnalisation. Bon, c’est un terme un peu barbare mais qui pourrait se résumer par tout ce qui se passe derrière la vitrine d’un acteur, joueur de foot ou bien même politicien (Fillon, un frère parti trop tôt). Finalement c’est tout ce qui se passe en amont dans la vie d’un professionnel. Alors vous allez me dire : « mais qu’est-ce qu’on en a à cirer si Kevin Spacey est gaucher ou droitier de la main ? ». C’est vrai que personnellement, je n’en ai rien à faire. A vrai dire si toi lecteur, tu achètes Voici ou Closer tous les matins… Cet article pourrait t’intéresser. Oui parce tu sais parfaitement où De Niro à passer son réveillon de Noël et si la dinde était bien cuite.

Bon revenons à nos moutons. C’est vrai que le matin de l’annonce, on s’est tous levé :

« Kevin Spacey ? Agression sexuelle ? Non ? Pas lui ! Il était si brillant dans American Beauty ! »

Et pourtant…

Bon, ici il ne s’agit pas d’étudier l’upside-down du cinéma, tous ces chemins sombres qui nous mèneront à un Leonardo Di Caprio vendeur de cocaïne à plein temps… Ici il s’agit de nous demander : est-il possible de faire abstraction de l’extra professionnalisation ?

Bon je m’explique…

Casey Affleck nous a TOUS impressionné dans Manchester By The Sea (de Kenneth Lorgan sorti en 2016) qui lui avait valu un Oscar du meilleur acteur. Son jeu d’acteur est impressionnant mais… il est toujours accusé d’harcèlement sexuel sur le tournage de I’m Still Here en 2010. Et c’est là que ça coince.

Sur cette photo on ne dirait pas mais c’est quand Brie Larson (récompensée elle pour Room l’année d’avant) était un peu beaucoup énervée de remettre l’Oscar à Casey Affleck

On n’oublie pas par exemple Monsieur Polanski (réalisateur du fabuleux film Le pianiste en 2002) qui fuit toujours les Etats-Unis poursuivi pour avoir eu une relation sexuelle avec une jeune fille âgée de 13ans (affaire datant de 1977).

Puis Monsieur Weinstein un des plus grands producteurs d’Hollywood si ce n’est le plus grand, est accusé d’harcèlement sexuel sur 33 femmes (rien que ça).

Et enfin, Kevin Spacey aka Keyser Söze ou encore…  The sexual predator (il n’est pas encore sorti ce film-là) récemment accusé lui aussi pour harcèlement sexuel.

Une tempête sans fin.

Doit-on pourtant oublier l’artiste en question ?

Dans le cinéma, la musique, le sport… partout ce genre d’histoires interviennent et influent sur notre manière d’interpréter le travail d’un artiste.

Qui se rappelle du visage de Rihanna en 2009 après que Chris Brown l’a battu ?

Est-ce qu’on doit pardonner Karim Benzema pour l’affaire de la sextape ?

Et du rappeur XXXtentacion qui a battu sa femme enceinte ?

« Quoi ? Tu écoutes ce mec ? Non mais franchement je n’écouterai jamais la musique d’un type accusé de violences conjugales ». Ce sont le genre de réflexion qu’on peut se prendre en pleine figure quand on dit qu’on a bien aimé 17 le dernier album de XXXtentacion.

Difficile de faire abstraction de ce genre d’événement, qu’on apprécie le joueur, le musicien ou le comédien. Dois-je pourtant arrêter d’écouter leur musique ? De regarder leurs films ?

Mais finalement ? On fait quoi nous ?

Il n’y a pas vraiment de débat. Un artiste ne peut être soutenu lorsqu’il est soupçonné de faits graves. L’accusé doit être juger en tant qu’homme et non en tant qu’artiste. Le public ne peut être transparent. Nous public, nous ne pourrons jamais cautionner ces actes. La notoriété d’un artiste ne doit pas changer notre perception de l’affaire.

Monsieur Spacey, avec tout le respect que je vous dois, vous n’aurez plus mon soutien mais… vos films seront toujours vus et revus (la fin de Seven, quel classique !!)

Kevin Spacey dans Seven de David Fincher sorti en 1995 (avec Brad Pitt et Morgan Freeman)

Alors oui c’est plutôt compliqué à dire : mais finalement le 7ème art est un art (comme les autres) où le public doit faire abstraction de ce que sont les acteurs. On regarde, et puis… c’est tout ? Non. Ne pas se rendre au cinéma et ne pas payer pour le film d’un harceleur sexuel c’est un peu lui faire face et faire en sorte qu’il ne sorte plus aucuns films dans les années à venir. De toute façon, t’as déjà combien de films téléchargé planqués dans ton ordinateur ?

PS : Le cinéma c’est que de l’amour (à la base du coup)

PPS : Mais euh pourquoi Polanski a encore sorti un film le 1er novembre ?? Une conspiration je te dis.

Et toi lecteur, tu lirais encore mes articles si j’avais un ghost writer ?

Guillaume Boisseau

Categories: Autour du cinéma

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