Dans les années 1930, suite à la chute de la fréquentation des salles de cinéma
(50% en moins entre 1930 et 1933) et pour contrer la concurrence de la télévision,
certaines salles ont l’idée de proposer un double feature : deux projections pour le prix
d’une. Un film A était ainsi projeté suivi d’un film B.

Dès lors, Hollywood engendre un nouveau système, celui des studios B. Certaines
maisons de production se dotent ainsi d’un département B tandis que d’autres se
spécialisent carrément dans les films B et à raison puisque le coût de leur production
avoisine les 50 000$ alors qu’il dépasse les 300 000$ pour les films de série A. La moitié
des films produits par les 8 principaux studios sont des séries B. La Warner, sous
l’impulsion de Bryan Foy surnommé le « Gardien des séries B » augmente de 38% sa
production de série B. La Fox produit quant à elle vingt films B par an.

Mais qu’est-ce qui différencie un film B d’un film A ? Un film B est un long
métrage produit avec un budget et un temps limité. Il est délesté des contraintes
imposées par une production de grande envergure. Il est destiné à une distribution sans
campagne publicitaire. Le film B suggère au lieu de montrer, faute de moyens et de
temps. Le producteur a recours à la profondeur de champ ou au plan-séquence pour
condenser un maximum de personnages et d’actions au sein d’une unité de temps et
d’espace. Il s’agit d’un genre plutôt noble qui a fournit des opportunités de tournages à
de nombreux réalisateurs : Quentin Tarantino a ainsi appris son métier grâce aux séries
B. Il a également permis à certains acteurs d’obtenir une certaine notoriété : c’est le cas
de Jack Nicholson.

La série B est à distinguer de la série Z. Les films Z sont des œuvres bon marché,
avec une piètre qualité artistique, une mauvaise postproduction (montage,
postsynchronisation, effets spéciaux) ainsi que des erreurs techniques plus ou moins
flagrantes (micro du perchman visible à l'image). L’expression s’utilise généralement
par dérision : elle désigne des nanars. Ed Wood, spécialiste de série Z est souvent
qualifié de « plus mauvais réalisateur de tous les temps ».

Almog

 

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