Dans les années 1960 aux Etats-Unis, une génération rebelle clame son malaise et
son angoisse du vide : les beatniks menés par Jack Kerouac. De la Beat Génération,
mouvement littéraire et artistique, naît le Road Movie, genre cinématographique où le fil
conducteur du scénario est un périple sur les routes.

Des jeunes contestataires errent, désabusés et cherchent à soigner leur mal de
vivre en prenant la route. Le voyage apparaît alors comme solution à ce sentiment de
non-appartenance à la culture américaine : il n’a pas d’autre but ni destination que
l’abolition des frontières personnelles. Le voyage physique s’accompagne d’un voyage
spirituel, intérieur, existentiel mais également politique : on se (re)trouve soi-même en
chemin et on tente de ré-envisager l’histoire de son pays. La route symbolise la liberté,
l’insoumission, la rupture avec les valeurs matérialistes de la société de consommation.
Ce qui compte ce n’est pas la destination mais le voyage jalonné de rencontres et
aventures diverses.

On prend rapidement conscience de l’émergence de ce nouveau genre
cinématographique qui se constitue en lien avec la contre-culture américaine et les
débuts du Nouvel Hollywood. On considère généralement que Easy Rider (Dennis
Hopper, 1969) lance le début des Road Movie. Alors qu’ils sillonnent les rues
américaines, les deux motards confrontent leur vision peace & love au racisme et au
conservatisme du fin fond des Etats-Unis.

Paris, Texas (Wim Wenders, 1984) narre la lente renaissance de Travis au monde.
Thelma et Louise (Ridley Scott, 1991) cherchent quant à elles à échapper au machisme
américain en se rendant au Mexique. La filmographie de Walter Salles, qui a eu l’audace
de s’attaquer à Sur la route de Jack Kerouac témoigne d’un attrait prononcé pour les
fuites et les embardées. Carnets de Voyage (2004) aboutit à une transformation politique
et sociale. On suit les états d’âme de Dean Moriarty (Neal Cassady) et Sal Paradise (Jack
Kerouac) à bord d’une vieille cadillac volée dans Sur la route (2012). On retrouve
également cette quête de sens qui transforme nos personnages dans Little miss
sunshine (Jonathan Dayton, 2006) : le fils sort de son mutisme, la père admet que son
livre ne sera jamais publié et l’oncle reprend goût à la vie. Dans Into the wild (Sean Penn,
2007), le rejet de la société de consommation et le dégoût de l’être humain poussent
Alexander Supertramp à prendre la route et s’isoler en Alaska.

Si aujourd’hui le road movie a perdu son côté contestataire, il n’a jamais quitté les
écrans et les voyages continuent…

Almog

Categories: Autour du cinéma

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